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Les prix


Le prix de revient du kWh photovoltaïque diminue en moyenne de 5 % par an depuis longtemps grâce aux innovations techniques. Mais en 2006 et 2007 la tendance a été interrompue par une hausse sur fond de pénurie de silicium, permettant aux producteurs de silicium de revoir leurs prix de vente largement à la hausse . Cette pénurie devrait encore durer entre 1 à 2 ans selon les différents avis des acteurs de la filière et ne devrait être qu’une interruption provisoire de la tendance baissière.

Les prévisions de prix donnés par différentes entreprises du secteur sont toutes largement orientés à la baisse, ainsi, la start up Américaine Heliovolt annonce pour 2010 un prix du kWh de 15 cts de dollar, donc de 11 cts d’euro:

Grâce aux différentes évolutions techniques, la quantité moyenne de silicium nécessaire à la fabrication d’1 kWc, toutes techniques confondues, a été en diminution d’environ 1 kg par an ces dernières années. Jusqu’à maintenant, chaque fois que la production de panneaux a doublé, les prix de revient ont diminué de 20 %. On voit donc bien que les politiques d’incitation par des subventions mises en place par différents pays permettent à cette filière de devenir rentable plus rapidement. Pour les nouvelles installations de chaque année, l’Allemagne, le leader mondial en surface installée, diminue le prix de rachat du kWh photovoltaïque pour suivre la baisse des prix de revient de ces nouvelles installations; les tarifs contractuels des installations des années précédentes restant par ailleurs inchangés. Les aides au développement de cette filière par un prix de rachat « aidé Â» par l’état, diminuent donc année après année par kWc installé; ce qui permet, à budget constant, de subventionner chaque année une surface installée toujours plus grande.

Parmi les éléments qui influent sur le prix de revient du kWc installé, on trouve: la taille de l’installation (une installation de 10 kWc reviendra moins cher par kWc posé qu’une installation de 3 kWc); la pose intégrée à la toiture ou en sur-imposition (la sur-imposition revient moins cher, mais il faut être certain de l’état de la toiture, car s’il faut intervenir ultérieurement sur la toiture située sous les panneaux, il faudra déposer et reposer les panneaux solaires pour réparer la toiture); la qualité de la charpente et de la toiture (une toiture non parfaitement plane posera plus de difficultés lors de la pose intégrée ou non); la pose au sol sur des supports adaptés à cet effet permettra d’obtenir un prix encore inférieur. En France c’est l’intégration en toiture qui permet d’obtenir le meilleur prix de revente au réseau.

Pour calculer le prix de revient du kWh produit, on divise le prix de l’installation par sa production sur 25 ans. Il existe un moyen mnémotechnique pour estimer rapidement le prix de revient du kWh produit: En prenant 1 kWc revenant à 1.000 euros, un ensoleillement qui permet une production de 1.000 kWh/an, 25 ans de production; on arrive à: 1.000 euros/25.000 kWh = 4 cts d’euros le kWh. Chaque tranche de 1.000 euros revient donc à 4 cts. Dans ce cas, pour 1 kWc revenant à 6.000 euros, il suffit d’appliquer le multiple 6 et le prix de revient du kWh est alors de 4 x 6 = 24 cts. Avec un autre ensoleillement entraînant une production différente de 1.000 kWh/an au kWc, il suffit d’appliquer une règle de trois au précédent résultat.

Durant les années 2006 et 2007 , la pénurie de silicium a poussé les entreprises qui le pouvaient à développer les techniques des couches minces avec ou sans silicium . Ces techniques se sont en conséquence répandues pour prendre une part de marché plus importante . Les États-Unis ont pris la tête de ce nouveau marché .

Selon son rapport aux actionnaires de 2006 ( en page 6 : ) ; la production de panneaux Te Cd de l’entreprise Américaine First Solar a été multipliée par 10 en 2 ans, a été faite à 2 dollars le W en 2004 et à 1,4 dollar/W en 2006 . Une de ses lignes de production de Perrysburg, Ohio, a déjà obtenu 1,25 dollar/W en cette même année 2006 . De nouveaux progrès sont attendus pour les années à venir .

La production de panneaux CIS à commencé début 2007. D’ores et déjà (mars 2007) le prix de revient du kWc posé est en baisse de 30 à 40 % par rapport à la technique des panneaux au silicium . Alors que le prix de vente du kWh sera de 33 cts, le prix de revient du même kWh est estimé à 15 cts dans la centrale solaire allemande de Brandis qui installe des panneaux First Solar CIS ( ), alors que le prix au compteur est de 19 cts en Allemagne.

Les prix de fabrication de ces panneaux CIS à la sortie usine étant également appelés à fortement baisser dans les quelques années qui viennent . il semble bien que ces nouvelles techniques soient destinées à bousculer l’ordre établi. En effet les particuliers Allemands bénéficiant d’incitations financières pourront produire avec leurs installations individuelles de toiture de l’électricité à un prix inférieur à celui de leur compteur. Les éléments permettant un décollage spectaculaire du solaire photovoltaïque semblent bien réunis en Allemagne.

Aux États-Unis, la société Nanosolar a annoncé, en décembre 2007, le démarrage de la production de ses premiers panneaux CIS au prix de 1 dollar/W, soit 700 euros le kWc (donc 3 cts le kWh avec une durée de vie des panneaux de 25 ans et un ensoleillement moyen). Si cette information se confirme, le solaire photovoltaïque est donc devenu rentable sans subvention dès maintenant dans ce pays .

Au Japon, les subventions seront bientôt supprimées. Avec un prix du kWh au compteur de 22 à 25 cts suivant les cas, le photovoltaïque individuel est déjà compétitif puisque moins cher que le prix au compteur. La vente en grande surface de bricolage, de panneaux solaires à des prix très compétitifs permet également une auto installation fort intéressante.

En France, d’une part les prix des installations solaires sont beaucoup plus élevés qu’en Allemagne ( page 19 ) et d’autre part le prix du kWh au compteur est nettement plus bas grâce à de nombreuses prises en charge par l’état, à différents niveaux, de la filière nucléaire, les conditions d’un véritable démarrage de la filière solaire sont donc moins favorables. Toutefois les estimations par projection faites par le CEA concernant les prix du Wc ( Watt crète ) à la sortie d’usine arrivent à 1,6 cts en 2010, ce qui porterait, compte tenu de la commercialisation et du prix de la pose, le kWh photovoltaique à 13 - 14 cts environ à cette époque, et ce, sans subvention . Par ces projections vers l’avenir, on devine que le photovoltaique finira par s’imposer et largement se développer, non seulement par soucis écologique ou environnemental, mais tout simplement parce qu’il devrait finir par devenir la source d’énergie la moins chère : .

A ce sujet, l’entreprise Allemande Solarworld AG, dans son rapport 2006 ( : , page 77 ), prévoit que le solaire photovoltaïque sera rentable sans subvention dès 2015 .

Le coût du photovoltaïque peut être calculé différemment selon certaines opinions, dont celle de INES. L’investissement ayant lieu au départ, il serait nécessaire d’effectuer un calcul d’actualisation à un taux de X % l’an, par ex 3 % (dont il conviendrait de déduire la fiscalité). En effet tout se passe comme si on payait le courant en avance et qu’ensuite l’argent se dépréciait avec le temps. Par exemple, pour la centrale de Brandis, l’investissement est de 130 millions d’euros, au bout de 20 ans, en tenant compte que l’argent perd 3% de sa valeur par an, 130 millions d’euros 2007 correspondront à un coût de 260 millions d’euros de 2027 à cette date 800 millions de kWh auront été produits, ce qui donnerait environ 30 cts d’euros par kWh. Toutefois, cette dernière façon de calculer ne tient pas compte du fait que dans les 20 ans qui suivent l’investissement, le coût du kWh lui aussi va augmenter et suivre au minimum l’inflation et certainement beaucoup plus étant donnés les problèmes énergétiques à venir. En fait personne ne peut prévoir quelle sera la rentabilité finale d’un placement financier, tout simplement parce que personne ne peut prédire ni l’avenir économique mondial ni le coût à venir de l’énergie, dont en particulier le prix du kWh au compteur dans 20 ans. Par ailleurs, ce type de calcul pourrait être appliqué à d’autres formes d’énergie comme le nucléaire, mais curieusement ce n’est jamais fait. On peut donc se demander quelle est la motivation cachée derrière cette approche.

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