Annuaire de professionnels

Recherche

Newsletter

Publicité

Panneaux solaires photovoltaĂŻques

Panneau solaire à Marla dans le cirque de Mafate, à la Réunion.

Article dĂ©taillĂ© : module solaire photovoltaĂŻque.


Les panneaux solaires photovoltaïques regroupent des cellules photovoltaïques reliées entre elles en série et en parallèle.

Ils peuvent s’installer sur des supports fixes au sol ou sur des systèmes mobiles de poursuite du soleil appelĂ©s trackers, dans ce dernier cas la production Ă©lectrique augmente d’environ 30 % par rapport Ă  une installation fixe. La plupart des installations fixes se font actuellement plutĂ´t sur les toĂ®ts des logements ou des bâtiments, soit en intĂ©gration de toĂ®ture, soit en surimposition. En ville, on commence Ă  poser des panneaux verticaux en façade d’immeuble, cette inclinaison n’est pas optimum pour la production d’Ă©lectricitĂ©, mais comme ces panneaux remplacent le revĂŞtement de façade, l’Ă©conomie rĂ©alisĂ©e sur le revĂŞtement compense une production plus faible.

Influence de l’ensoleillement


Sur terre, l’Ă©nergie solaire moyenne en pleine exposition reçue par m² de panneaux exposĂ©s en plein soleil est de 1 kW, alors que dans l’espace la constante solaire est de 1,367 kW/m². MalgrĂ© son nom la constante solaire n’est pas vraiment constante puisque l’activitĂ© solaire n’est pas elle-mĂŞme constante. Les pertes occasionnĂ©es lors de la traversĂ©e de l’atmosphère par la lumière est telle que l’Ă©nergie qui arrive au sol sur terre est plus faible et de l’ordre moyen de 1 kW/m² au midi vrai . C’est cette valeur qui est communĂ©ment retenue pour les calculs. En laboratoire pour dĂ©terminer le rendement d’une cellule ou d’un panneau solaire, une source d’Ă©nergie solaire artificielle de 1 kW / m² est Ă©galement utilisĂ©e. Au final, l’Ă©nergie qui arrive au sol dĂ©pend de l’inclinaison du soleil donc de l’Ă©paisseur de l’atmosphère Ă  traverser et de sa nĂ©bulositĂ© .

Alors que cette question peut ĂŞtre Ă©tudiĂ©e plus en dĂ©tail sur le site de l’institut de l’Ă©nergie solaire ( INES ), le nombre d’heures d’Ă©quivalent plein soleil concerne plus particulièrement le producteur d’Ă©lectricitĂ© photovoltaĂŻque. En effet, un panneau solaire n’est qu’exceptionnellement exactement face au soleil puisque la terre tourne sans arrĂŞt et que l’inclinaison du soleil par rapport au panneau Ă©volue en permanence. Au cours d’une journĂ©e sans nuage la production Ă©lectrique du panneau varie Ă©galement en permanence en fonction de la position du soleil et n’est jamais Ă  son maximum sauf au bref passage du plein midi. La production en fin de journĂ©e est donc une somme de productions partielles. Par temps couvert, donc en l’absence de soleil, la luminositĂ© ambiante, alors que le soleil est cachĂ©, permet quand mĂŞme une toute petite production Ă©lectrique, et ces petites productions additionnĂ©es finissent par faire des kWh. En fin d’annĂ©e Ă  partir du total de la production Ă©lectrique on obtient le nombre d’heures d’Ă©quivalent plein soleil de l’annĂ©e qui n’a rien Ă  voir avec le nombre d’heures d’ensoleillement au sens mĂ©tĂ©o. Le nombre d’heures d’ensoleillement vu par les services mĂ©tĂ©o ou les climatologues n’est pas de la mĂŞme nature. Soit il y a du soleil soit il n’y en a pas. La carte de l’ensoleillement peut ĂŞtre consultĂ©e ici : . On constate que Rouen est situĂ©e sur la ligne des 1750 heures d’ensoleillement par an, alors que le nombre d’heures d’Ă©quivalent plein soleil y est proche de 1.100 heures .

Il faudrait aussi tenir compte de l’albedo du sol, c’est-Ă -dire de son pouvoir de rĂ©flexion de la lumière . Lorsqu’une installation est environnĂ©e de neige par exemple, donc d’un environnement très rĂ©flexif, la production d’une installation augmente parce qu’elle rĂ©cupère une petite partie de la lumière rĂ©flĂ©chie par la neige alentour . Mais cette variable n’est pas facile Ă  quantifier et se trouve, de fait, inclue dans le nombre d’heures d’Ă©quivalent plein soleil .

Avant de s’Ă©quiper en panneaux photovoltaĂŻques, il est intĂ©ressant de savoir ce qu’on peut en tirer au lieu gĂ©ographique qui nous concerne. Pour cela, la CommunautĂ© EuropĂ©enne a mis en ligne un logiciel gratuit qui permet Ă  tout citoyen de l’Union oĂą qu’il se trouve dans la CommunautĂ© de connaĂ®tre la production d’Ă©lectricitĂ© annuelle en kWh dont il bĂ©nĂ©ficiera . Après quelques essais pour se familiariser avec ce logiciel, on dĂ©couvre qu’Ă  Liège on peut obtenir 840 kWh/kWc/an, Hambourg 870, Colmar 940, Rouen 950, Munich 950, Arcachon 1100, Chamonix 1110, La Rochelle 1140, Agen 1150, Perpignan 1290, Eraklion CrĂŞte 1310, Madrid 1400, Cannes 1465, SĂ©ville 1470, Malte 1480, Faro Portugal 1550.

Influence de l’Ă©volution rĂ©cente des rendements


En 1995, les rendements des panneaux monocristallins Ă©taient d’environ 10%, en 2000 d’environ 12% et actuellement (2007) suivant les fabricants, de 15 Ă  17%. En 12 ans, la croissance des rendements a donc Ă©tĂ© de près de 60%.

Pour calculer une production Ă©lectrique annuelle estimĂ©e, il suffit de multiplier le nombre d’heures d’Ă©quivalent plein soleil par le rendement des panneaux. Ainsi pour Rouen avec 1.100 h et des panneaux d’un rendement de 15 %, on arrive Ă  1 kW/m² x 1.100 h/an x 0,15 = 165 kWh/m²/an . Cette production s’entend Ă  la sortie des panneaux, donc ne tient pas compte des pertes dans les fils et lors de la conversion en Ă©lectricitĂ© alternative par l’onduleur. En tenant compte de ces pertes (lignes, connexions, onduleur ; soit 14 % environ) on arrive Ă  142 kWh/m²/an (165 x 0,86) . Certains onduleurs rĂ©cents ont un rendement qui permet d’obtenir un rĂ©sultat meilleur que celui lĂ .

On peut aussi dire qu’avec un rendement de 15 %, la puissance fournie par un panneau d’1 m² est de 1 kW x 0,15 = 150 W. Ce qui donne une puissance de 150 Wc (watt crète) sortie panneau.

Il vaut mieux faire le calcul soi mĂŞme plutĂ´t que se fier Ă  ceux qui ont Ă©tĂ© faits Ă  une autre Ă©poque et repris ici oĂą lĂ  sans que le dĂ©tail des Ă©lĂ©ments pris en compte soit prĂ©cisĂ© ou tout simplement pour vĂ©rifier les dires d’un installateur . La rapiditĂ© de l’Ă©volution rĂ©cente des rendements rend très vite obsolète des calculs effectuĂ©s il y a quelques annĂ©es seulement. Comme il est prĂ©visible que cette tendance va continuer dans les annĂ©es qui viennent, faire son propre calcul semble donc une attitude Ă  conserver. Pour s’informer sur l’Ă©volution Ă  venir et programmĂ©e des performances des diffĂ©rentes technologies, on peut consulter la feuille de route de l’industrie japonaise des cellules photovoltaĂŻques.

Toutefois on peut aussi calculer directement Ă  partir du kWc : Ă  Rouen, 1 kWc produit approximativement 950 kWh par an (1kW x 1.100 h x le rendement de l’installation 0,86). Ce dernier calcul est indĂ©pendant de la surface des panneaux ainsi que du rendement de ces pannneaux, donnĂ©es dĂ©jĂ  prises en compte pour arriver au kWc. Le kWc ou kilowatt crĂŞte encore nommĂ© kWp ou kilowatt peak est la puissance maximum fournie par une installation exposĂ©e au mieux (en thĂ©orie 1 kW/m²) et ne reprĂ©sente qu’un cas particulier, l’exposition solaire Ă©tant variable. L’appellation kWc ou kWp employĂ©e dans l’industrie photovoltaĂŹque est quelquefois considĂ©rĂ©e comme une appellation abusive parce que la puissance Ă©lectrique s’exprime habituellement en kW.

Pour arriver Ă  une puissance de 1 kWc avec des panneaux d’un rendement de 15 %, il faut: 1.000 W / 150 W = 6,66 m² de panneaux (ou encore prĂ©sentĂ© autrement: 150 W par m² x 6,66 m² = 1.000 W pour les 6,66 m²). Plus le rendement des panneaux augmente, plus la surface nĂ©cessaire pour obtenir une puissance d’1 kWc diminue.

Pour estimer la surface de panneaux souhaitable, l’Ă©tude des habitudes de consommation au cas par cas est nĂ©cessaire. Tout dĂ©pend Ă©galement du rĂ©sultat final que l’on veut obtenir. On peut vouloir ne produire qu’une partie de sa consommation ou aller jusqu’Ă  compenser la totalitĂ©. On peut mĂŞme vouloir dĂ©passer sa consommation et devenir revendeur net.

Il existe diffĂ©rents types de panneaux solaires photovoltaĂŻques :

Les panneaux au silicium mono ou polycristallin


Le matĂ©riau de base destinĂ© Ă  fabriquer les cellules constitutives des panneaux solaires photovoltaĂŻques est le silicium. Le silicium naturel n’est pas utilisable directement et il doit subir quelques traitements car c’est un isolant Ă©lectrique et il doit devenir un semi-conducteur. Il faut d’abord le dĂ©barrasser des impuretĂ©s qu’il contient. Ensuite, il faut lui rĂ©introduire quelques atomes de phosphore et de bore. La partie “dopĂ©e” au phosphore devient du silicium “de type N” et la partie dopĂ©e au bore de “type P” (voir semi-conducteurs).

La jonction des 2 types de silicium P et N donne un semi conducteur utilisable soit dans l’Ă©lectronique pour la fabrication des diodes; transistors; circuits intĂ©grĂ©s et microprocesseurs (communĂ©ment appelĂ©s puces), soit pour la fabrication des panneaux solaires.

Les fournisseurs du silicium utilisĂ© pour fabriquer les cellules des panneaux solaires photovoltaĂŻques Ă©taient jusqu’ici exclusivement les fabricants de silicium de l’industrie Ă©lectronique. Ce silicium Ă©lectronique est pur Ă  99,999999% , puretĂ© demandĂ©e par ladite industrie. Depuis peu (courant 2006), une autre source de silicium est utilisĂ©e dans l’industrie solaire: le silicium mĂ©tallurgique pur Ă  98%. Ce type de silicium ainsi dĂ©nommĂ© par son usage habituel dans l’industrie mĂ©tallurgique, prĂ©sente les avantages d’ĂŞtre moins cher que le prĂ©cĂ©dent et de dĂ©penser moins d’Ă©nergie pour sa fabrication. Cette nouvelle source de matière utilisable après avoir subi un traitement appropriĂ© pour devenir du silicium solaire de qualitĂ© intermĂ©diaire entre les deux silicium citĂ©s plus haut, va permettre Ă  terme de faire baisser les prix des cellules et panneaux sans en altĂ©rer la technicitĂ©. Pour l’annĂ©e 2006, pour la première fois, l’industrie photovoltaĂŻque a consommĂ© plus de silicium que l’industrie Ă©lectronique.

En 2006, la croissance de la production mondiale de panneaux solaires a Ă©tĂ© freinĂ©e par manque de capacitĂ© de production de silicium. Une forte croissance de la demande a entraĂ®nĂ© un dĂ©sĂ©quilibre du marchĂ©. Cette demande 2 fois supĂ©rieure Ă  l’offre a créé une pĂ©nurie de silicium. Les capacitĂ©s de production de silicium sont en augmentation rapide dans le monde, mais malgrĂ© tout, on s’attend pour 2007 et peut ĂŞtre encore jusqu’en 2009 Ă  ce que la pĂ©nurie perdure. Sans cette difficultĂ© d’approvisionnement, le dĂ©veloppement du solaire photovoltaĂŻque aurait Ă©tĂ© spectaculaire, mais personne parmi les acteurs de la filière n’avait prĂ©vu cet engouement qui a pour origine l’augmentation des prix des Ă©nergies fossiles.

Le silicium est produit sous forme de barres nommĂ©es « lingots Â» de section ronde ou carrĂ©e. Ces lingots sont ensuite sciĂ©s en fines plaques mises au carrĂ© (si nĂ©cessaire) de 200 microns d’Ă©paisseur qui sont appelĂ©es « wafers Â». Après un traitement pour injecter en surface du bore et du phosphore et ainsi obtenir du silicium semi conducteur, les wafers sont « mĂ©tallisĂ©s Â»: des rubans de mĂ©tal sont incrustĂ©s en surface et reliĂ©s Ă  des contacteurs Ă©lectriques qui vont permettre aux Ă©lectrons de circuler et produire de l’Ă©lectricitĂ©. Une fois mĂ©tallisĂ©s les wafers sont devenus des cellules photovoltaĂŻques.

L’assemblage d’un groupe de cellules reliĂ©es entre elles Ă  l’intĂ©rieur d’un cadre Ă©tanche aux intempĂ©ries forme un panneau solaire monocristallin ou polycristallin.

Dans l’Ă©tat actuel des choses, un panneau photovoltaĂŻque monocristallin au silicium Ă©lectronique doit fonctionner deux ans pour « rembourser Â» l’Ă©nergie qui a Ă©tĂ© nĂ©cessaire Ă  sa fabrication (voir WikipĂ©dia sur les cellules photovoltaĂŻques). Avec les progrès techniques en cours cette pĂ©riode est en diminution. Les cellules monocristallines sont passĂ©es de 300 microns d’Ă©paisseur Ă  200 et on pense maintenant atteindre rapidement les 180 puis 150 microns, diminuant la quantitĂ© de silicium et d’Ă©nergie nĂ©cessaire, mais aussi les prix.

La production en ruban est une innovation de « Evergreen Solar Â» une start up du Massachusetts nĂ©e en 1994, cotĂ©e au Nasdaq et qui a produit 30 MW de cellules solaires avec cette technique en 2006 . Un film traverse un bain de silicium fondu et se charge sur chacune de ses deux faces d’une couche de silicium. En refroidissant se forment deux rubans de silicium d’une Ă©paisseur infĂ©rieure Ă  150 microns. Il suffit ensuite de dĂ©couper au laser ces rubans Ă  distance rĂ©gulière pour former des carrĂ©s de silicium (wafers). Ce procĂ©dĂ© prĂ©sente des avantages : dès maintenant l’Ă©paisseur des cellules est descendue en dessous de 150 microns et il n’y a plus besoin de scier les « lingots Â» d’oĂą l’Ă©conomie de l’Ă©paisseur des « traits de scie Â». On a ainsi une diminution de la quantitĂ© de silicium nĂ©cessaire par suppression des pertes de sciage et par une Ă©paisseur plus faible des wafers. Pour ces deux raisons la quantitĂ© de silicium utilisĂ©e est moindre et le temps de production d’Ă©lectricitĂ© par le panneau pour effectuer le « remboursement Â» de l’Ă©nergie nĂ©cessaire Ă  sa fabrication est alors descendu Ă  18 mois. (source : Evergreen Solar). Dans son rapport annuel aux actionnaires de 2006, la 2 entreprise mondiale de production de cellules, l’entreprise Allemande Q-cells dĂ©clare avoir commencĂ© elle aussi la production en ruban dans une coentreprise avec Evergreen Solar .

En ce qui concerne l’Ă©volution rĂ©cente des rendements , dans son rapport semestriel aux actionnaires fin juin 2007 , cette mĂŞme entreprise Q-cells dĂ©clare se prĂ©parer Ă  la production de panneaux solaires monocristallins d’un rendement de 21 % et polycristallins de 18 % ( page numĂ©rotĂ©e 4 de ), elle prĂ©voit une pĂ©nurie de silicium jusque fin 2009 .

Une situation similaire est exposĂ©e par l’entreprise Chinoise Suntech dans son rapport aux actionnaires de fin 2006 ( page 10 : ) oĂą elle dĂ©clare commencer la production de panneaux monocristallins d’un rendement de 18 % et mettre au point une ligne de production pour atteindre les 20 % de rendement en 2008 . Elle ne prĂ©voit pas la fin de la pĂ©nurie de silicium avant longtemps ( 2e partie page 9 ).

De mĂŞme , l’entreprise AmĂ©ricaine Sunpower dans son rapport aux actionnaires de fin 2007 , annonce en page 4 des rendements de 20 Ă  21,5 % pour 2007 et 22,7 % pour 2008 .

Les panneaux solaires polycristallins encore appelĂ©s multicristallins, sont fabriquĂ©s avec une couche de silicium plus fine de 15 Ă  50 microns suivant les fabricants. Pour Ă©conomiser de la matière première, on utilise une mince couche de silicium, composĂ©e d’une myriade de petits cristaux issus des chutes et dĂ©chets lors du travail sur du silicium monocristallin . Ces dĂ©chets sont placĂ©s dans un creuset portĂ© Ă  un peu plus de 1.400 degrĂ©s pour obtenir un lingot multicristallin . S’ensuivent le dopage et la mĂ©tallisation comme pour la fabrication du silicium monocristallin .

La situation Ă©volue, plutĂ´t que de partir d’un bloc de monocristal onĂ©reux, on part maintenant directement d’une source de silicium de qualitĂ© solaire que l’on dĂ©pose sur un support, les cristaux sont orientĂ©s perpendiculairement Ă  la surface et non pas de manière alĂ©atoire comme dans un vrai polycristal. L’Ă©paisseur du silicium est alors rĂ©duite vers les 10 Ă  30 microns. Des procĂ©dĂ©s ont donc Ă©tĂ© mis au point pour fabriquer des cristaux utilisables sans passer par les lingots :

En juin 2007, le fabricant Mitsubishi a annoncĂ© lui aussi ĂŞtre parvenu Ă  un rendement de 18 % avec des cellules polycristallines : . Mitsubishi a obtenu ce rĂ©sultat en grande partie grâce Ă  ses recherches sur le traitement de la surface de captage de la lumière par gravure ionique rĂ©active qui diminue la rĂ©flexivitĂ© de la lumière vers l’atmosphère et par consĂ©quent augmente la quantitĂ© de lumière absorbĂ©e et transformĂ©e en Ă©lectricitĂ©. Cette nouvelle avancĂ©e technologique devrait permettre aux panneaux solaires polycristallins de devenir plus intĂ©ressants que les panneaux monocristallins . Jusqu’Ă  maintenant ils Ă©taient moins chers mais avec des rendements moindres ( 2006 ) . La situation devrait donc Ă©voluer nettement en leur faveur, si toutefois leurs prix ne montent pas. L’avantage du polycristallin par rapport au monocristallin est qu’il ne produit que peu de dĂ©chets de coupe et qu’il nĂ©cessite moins d’Ă©nergie pour sa fabrication. Pour l’instant ( juillet 2007 ) les rendements des panneaux solaires polycristallins vendus dans le commerce ont plutĂ´t un rendement de 12 Ă  15 %, c’est du moins ce que l’on trouve dans le catalogue de Sharp le premier fabricant mondial ( et ). On voit donc bien tout le potentiel d’Ă©volution commerciale de cette technique dans les annĂ©es immĂ©diates Ă  venir et les fabricants de silicium polycristallin investissent dans de nouvelles capacitĂ©s de production ( ; et , ).

En France, un projet d’usine baptisĂ© Silpro, dĂ©diĂ© Ă  la fabrication de silicium polycristallin est en cours et verra le jour Ă  Dignes les Bains en Provence .

Un des moyens employĂ©s pour augmenter la productivitĂ© et abaisser les prix de production est de fabriquer des cellules toujours plus grandes et ainsi diminuer le nombre de manipulations. Les cellules sont passĂ©es de 125 Ă— 125 mm en 2000 Ă  156 Ă— 156 actuellement. En 2008 l’entreprise Allemande Q-Cells a prĂ©vu des dimensions de 210 Ă— 210 mm .

Parmi les amĂ©liorations en cours de la technique photovoltaĂŻque, on trouve l’ajout en surface d’un film anti reflet ( 2005 ) qui permet de diminuer le renvoi de rayons lumineux vers l’atmosphère et donc d’absorber une plus grande partie du flux lumineux. Toujours dans cette voie, un laboratoire d’Osaka traite la surface des cellules pour obtenir des micro cavitĂ©s destinĂ©es Ă  piĂ©ger la lumière (2007) .

Également, une Ă©quipe de l’universitĂ© de Sydney a rĂ©ussi en mai 2007 a augmenter le rendement d’une partie des longueurs d’ondes de la lumière en dĂ©posant un film d’argent sur la surface de la cellule. En le chauffant Ă  200 degrĂ©s le film se craquelle en petites unitĂ©s de 100 nm de cĂ´tĂ©. Ces nanoparticules d’argent excitent les plasmons de surface et augmentent le rendement de conversion de la lumière autour des 1 200 nm de longueur d’onde. Le rendement global de la cellule s’en trouve amĂ©liorĂ© et serait portĂ© Ă  24 % au lieu de 17 Ă  18 avec la technique actuelle du dopage au phosphore et au bore.

La diminution de l’Ă©paisseur des lignes de mĂ©tallisation, et par consĂ©quence, de la surface occupĂ©e par la “mĂ©tallisation” de rĂ©cupĂ©ration de l’Ă©lectricitĂ© fait partie des amĂ©liorations en cours. En effet plus les lignes mĂ©tallisĂ©es sont fines, plus la surface active augmente en mĂŞme temps que le rendement . La technique MWT ( Metal Wrap Through ) renvoie la moitiĂ© de la mĂ©tallisation sur la face arrière diminuant d’autant la mĂ©tallisation de la face avant . On devrait s’orienter rapidement vers un renvoi de la totalitĂ© des lignes de mĂ©tallisation sur la face arrière .

Les panneaux Ă  concentration solaire


La sociĂ©tĂ© Spectrolab dĂ©tenait le record du monde du meilleur rendement de conversion jamais mesurĂ© sur une cellule photovoltaĂŻque avec 40,7 % (annonce en dĂ©cembre 2006, homologation devant un organisme d’Ă©tat amĂ©ricain en janvier 2007) : . Cette valeur a Ă©tĂ© mesurĂ©e sur une cellule dite « multi-jonction Â», qui consiste en un empilement de plusieurs cellules photovoltaĂŻques convertissant diffĂ©rentes parties du spectre solaire : la cellule du haut convertit les photons les plus Ă©nergĂ©tiques, celle du milieu convertit les photons moyennement Ă©nergĂ©tiques, tandis que la cellule du bas convertit les grandes longueurs d’ondes, correspondant aux photons les moins Ă©nergĂ©tiques . Cette technologie permet d’optimiser l’absorption du flux solaire par la cellule, et ainsi d’accroĂ®tre son rendement de conversion de manière significative .

Ces cellules sont constituĂ©es de Gallium, d’ArsĂ©niure de gallium et de Germanium. Le procĂ©dĂ© de fabrication multicouche employĂ© ici reprend tout simplement la technique de fabrication des circuits intĂ©grĂ©s et des microprocesseurs maĂ®trisĂ©e et optimisĂ©e depuis longtemps par ailleurs.

Ă€ cause de son prix de revient Ă©levĂ©, ce type de cellule va ĂŞtre commercialisĂ© dans des panneaux solaires Ă  concentration. Ainsi la quantitĂ© de cellules sera diminuĂ©e Ă  l’extrĂŞme puisque la concentration solaire sera de l’ordre de 500. CommunĂ©ment on dit que cette cellule fonctionnera Ă  « 500 soleils Â». De mĂŞme la quantitĂ© d’Ă©nergie nĂ©cessaire au processus de fabrication va fortement baisser puisque la quantitĂ© de cellule sera diminuĂ©e du mĂŞme facteur que la concentration solaire. Le prix de revient de ces panneaux, d’après les annonces qui ont Ă©tĂ© faites fin 2006, devrait s’orienter Ă  la baisse Ă©galement.

L’universitĂ© du Delaware en juillet 2007 vient de battre le record mondial du meilleur rendement mais cette fois avec un système de concentration solaire associĂ© Ă  une lĂ©gère dĂ©composition de la lumière . Ce qui permet de parvenir Ă  un rendement de 42,8% avec 3 cellules juxtaposĂ©es qui convertissent en Ă©lectricitĂ© chacune une couleur . La concentration est moins importante : 20 : .

L’Europe qui dĂ©veloppe le projet « full spectrum Â» en collaboration avec le CEA a pour sa part obtenu un rendement de 35,2 % en dĂ©cembre 2006 avec une technique qui a aussi pour objectif d’exploiter une plus large bande du spectre de la lumière.

Toutefois, il ne faut pas confondre ces résultats et annonces records avec les possibilités offertes par une production industrielle de masse qui se situe plutôt au niveau des 30% de rendement avec ces systèmes à concentration annoncés à la commercialisation pour 2008 aux États-Unis et en Allemagne.

La sociĂ©tĂ© Allemande Solar Tec AG a Ă©galement mis au point un système Ă  concentration . La concentration actuelle de ces panneaux est de 700 , l’objectif de l’entreprise est maintenant de parvenir Ă  terme Ă  une concentration de 10.000 . Elle a un autre objectif immĂ©diat : parvenir Ă  un rendement des panneaux ( et non des cellules de silicium qui le composent ) de 36 % . Objectif qui en cache encore un autre pour un futur plus lointain : un rendement de ses cellules ( et non de ses panneaux ) de 50 % . Aucun de ces objectif n’a Ă©tĂ© chiffrĂ© en terme de coĂ»t . Elle affirme que d’ores et dĂ©jĂ  avec ce qui existe elle peut baisser les coĂ»ts de 50 % ( dernière ligne de : ) .

Une autre entreprise Américaine, Soliant Energy, basée à Pasadena Californie, annonce également la production de panneaux solaires à concentration pour la fin 2007. Les concentrateurs solaires seront cette fois linéaires et non circulaires. Là aussi les prix annoncés sont orientés largement à la baisse par rapport aux techniques existantes . Solient travaillera en partenariat avec le MIT, pour parvenir à améliorer les techniques industrielles de production de ces panneaux à concentration.

De mĂŞme, l’entreprise Britannique Microsharp travaille Ă  la mise au point de panneaux solaires Ă  concentration avec des concentrateurs de quelques microns ( 50 x 30 microns ) . L’objectif lĂ  aussi est de parvenir Ă  une baisse significative des prix de ce type de panneaux solaires.

Une start up AmĂ©ricaine “solaria corporation” de Californie, filiale de Q-cells va dĂ©buter la production de panneaux solaires Ă  faible concentration ( x 3 ) en 2008 ( rapport semestriel juin 2007 de Q-cells page numĂ©rotĂ©e 5 ).

Une autre start up “sunflower” va mettre sur le marchĂ© en 2008 ou 2009 des cellules Ă  concentration qui suivent le soleil en azimut et en hauteur de manière autonome . La concentration solaire sera de 800 et le rendement des cellules utilisĂ©es de 35 % .

Les panneaux Ă  couches minces sans silicium


Une autre technique permet de se passer du silicium : une couche mĂ©tallique mince de 5 microns dĂ©posĂ©e sur du verre ordinaire ou sur un support souple convertit la lumière en Ă©lectricitĂ© avec un rendement lĂ©gèrement infĂ©rieur Ă  celui du silicium. Plusieurs variantes existent : le CIS ( Cuivre Indium SĂ©lĂ©nium ), le DSCIG (DiSĂ©lĂ©niure de Cuivre Indium Gallium), le DSSC ( Ă  base de dioxyde de titane ), le TeCd ou CdTe ( Tellure de Cadmium ) et d’autres encore. De nombreux investissements sont en cours ( 2006 et 2007 ) aux États-Unis ( NanoSolar ) et en Allemagne ( oĂą les journalistes n’hĂ©sitent pas Ă  parler d’ambiance de ruĂ©e vers l’or ).

Une start up AmĂ©ricaine, Heliovolt, installĂ©e Ă  Austin au Texas, va construire une usine qui sera opĂ©rationnelle en 2008 pour produire des cellules CIGS ( cuivre, indium, gallium, sĂ©lĂ©nide ) d’un rendement de 11 % en production industrielle pour commencer et qui devrait atteindre entre 13 et 15 % en 2017 . Ce type de cellule en version “laboratoire” a obtenu un rendement de 19,5 % : , avec un record du monde de 19,9 % Ă©tabli en mars 2008 par des chercheurs amĂ©ricains du nrel : .

Une inquiĂ©tude cependant : les ressources en matières premières. Ces nouvelles techniques utilisent des mĂ©taux rares comme l’indium dont la production mondiale est de 25 tonnes par an et le prix d’avril 2007 de 1000 dollars le Kg ; le tellure dont la production mondiale est de 250 tonnes par an ; le gallium d’une production de 55 tonnes par an ; le germanium d’une production de 90 tonnes l’an. Bien que les quantitĂ©s de ces matières premières nĂ©cessaires Ă  la fabrication des cellules solaires soient infinitĂ©simales, un dĂ©veloppement massif mondial des panneaux solaires photovoltaiques en couches minces sans silicium ne manquerait pas de se heurter Ă  cette disponibilitĂ© physique limitĂ©e.

Pour l’indium, l’institut technologique de Tokyo a mis au point une “colle” ou “ciment” Ă  base d’alumine qui se substitue Ă  l’indium ( mars 2007 ). Cette alternative est Ă©cologique, bon marchĂ© et sa production pourrait ĂŞtre beaucoup plus importante que celle de l’indium lui-mĂŞme. La rĂ©ussite ici consiste Ă  remplacer les atomes d’indium par des molĂ©cules qui produisent un rĂ©sultat Ă©quivalent.

La production habituelle d’indium, de germanium et de gallium se fait, entre autres, Ă  partir des fumĂ©es de combustion du pĂ©trole et du charbon qui en contiennent. Le retraitement des gaz de combustion des centrales Ă©lectriques au charbon, nĂ©cessaire et d’actualitĂ© pour cause de changement climatique et de production de gaz Ă  effet de serre, Ă©tant appelĂ© Ă  se dĂ©velopper, l’extraction d’indium, de germanium et de gallium pourrait faire partie du processus de traitement des gaz de combustion du charbon et ainsi se dĂ©velopper bien au delĂ  de ce qu’elle est dans la situation actuelle.

A terme, il faudra concevoir et développer des produits de substitution à toutes ces matières premières trop rares. On a ici un des thèmes de recherche pour pouvoir rendre le solaire photovoltaïque largement répandu et banal.

Ces matières rares lorsqu’elles sont issues du recyclage sont souvent de moindre qualitĂ© ce qui affecte leur valeur Ă©conomique et la rentabilitĂ© mĂŞme du recyclage. Le recyclage de ces matĂ©riaux devrait ĂŞtre une prĂ©occupation majeure, et devrait faire l’objet d’une stratĂ©gie Ă©conomique de long terme. LĂ  aussi il s’agit d’un sujet de recherche Ă  dĂ©velopper pour la sĂ©curitĂ© de l’avenir. De plus, ce pourrait ĂŞtre un secteur d’activitĂ© d’avant garde et crĂ©ateur d’emplois.

Par contre les dopants du silicium, le phosphore et le bore, sont produits en quantitĂ©s suffisantes pour alimenter la filière du solaire classique au silicium, laquelle n’est donc pas, dans l’immĂ©diat, menacĂ©e dans son existence par les techniques des couches minces sans silicium pour cette raison, contrairement Ă  ce qu’on peut lire ou entendre ici ou lĂ .

Les panneaux Ă  couches minces au silicium


comprennent les cellules amorphes, les cellules microcristallines, et les cellules tandem dites micromorphes .

Les cellules au silicium amorphe (silicium non cristallisĂ© et Ă  l’Ă©tat amorphe) utilisent une technique de couches beaucoup plus minces que pour les panneaux au silicium polycristallin. Mais leur fabrication sous vide et leur bas rendement n’en font pas une alternative intĂ©ressante pour l’instant. Les cellules amorphes ont une Ă©paisseur de 0,3 Ă  0,5 microns et un rendement de 6 % ou un peu plus. Elles absorbent les photons de haute Ă©nergie d’une longueur d’onde infĂ©rieure Ă  600 nm des couleurs vertes et bleues.

L’Ă©volution vers la miniaturisation des cristaux des cellules polycristallines a abouti Ă  des cellules microcristallines qui ont une Ă©paisseur de 1 Ă  2 microns. Des minicristaux incrustĂ©s dans une matrice amorphe forment une cellule microcristalline qui absorbe les rayons lumineux de 600 nm et plus, rouges et infra rouges avec un rendement de 6 Ă  7 %.

Au Japon, des panneaux solaires produits Ă  partir de couches minces d’un nouveau type va bientĂ´t ĂŞtre commercialisĂ© ( mai 2007 ). Il s’agit d’une combinaison de silicium amorphe ( Si - A ou a - Si ) et de silicium microcristallin ( µc - Si ). Les cellules constitutives sont qualifiĂ©es de cellules tandem. Cette technique dite micromorphe ( contraction des 2 appellations prĂ©cĂ©dentes ) diminuerait fortement la dĂ©pendance au silicium tout en permettant de ne pas avoir recours aux matières rares. La mise en tandem de cellules amorphes et microcristallines pour former un ensemble micromorphe permet de capter un spectre de lumière plus large et d’obtenir un rendement supĂ©rieur Ă  10 %. Avec ce type de cellule, le rendement de conversion lors des faibles ensoleillements est amĂ©liorĂ©. Les 2 cellules amorphes et microcristallines sont mises optiquement en sĂ©rie par dĂ©pĂ´ts successifs sur un support. Au Japon, cette nouvelle technique est considĂ©rĂ©e comme la nouvelle gĂ©nĂ©ration de panneaux en couches minces et l’entreprise Mitsubishi a dĂ©cidĂ© d’installer ce type ce panneaux sur tous les toits de ses centres de production . En Suisse l’entreprise Oerlikon considère qu’en 2020, le marchĂ© des panneaux Ă  cellules tandem sera de 30 % de la totalitĂ© du marchĂ© photovoltaĂŻque et elle en dĂ©bute Ă©galement la commercialisation dès cette annĂ©e 2007 . Dans son courrier Ă©lectronique aux actionnaires de septembre 2007 , l’entreprise Allemande Er Sol vient d’annoncer son intention de stopper la commercialisation des cellules amorphes pour la remplacer par des cellules tandem, et ce, dès 2008 .

La combinaison de diffĂ©rents matĂ©riaux et de diffĂ©rents dopants ouvre un vaste choix Ă  la recherche pour amĂ©liorer cette technique Ă  l’avenir.

En octobre 2007 , une start up Californienne, Inovalight, a annoncĂ© la mise au point d’une nouvelle technique de fabrication qui permettrait de diviser le prix de revient des panneaux solaires de moitiĂ© . De plus le rendement serait de 22 % pour cette nouvelle technique Ă  couches minces au silicium . La commercialisation commencerait en 2009 .

L’obstacle au dĂ©veloppement : le stockage de l’Ă©nergie


Le dĂ©veloppement du solaire photovoltaĂŻque a eu pour origine l’électrification des sites isolĂ©s et non raccordĂ©s au rĂ©seau, mais Ă©galement l’alimentation de matĂ©riel mobile. Cette nĂ©cessitĂ© a permis Ă  la filière naissante de faire annĂ©e après annĂ©e des progrès en termes de prix de revient du kWh produit et de rendement des panneaux .

La production d’Ă©lectricitĂ© solaire est sujette aux alĂ©as de l’ensoleillement et n’est pas rĂ©gulière. Les pĂ©riodes de production ne coĂŻncident pas aux pĂ©riodes de consommation et la nuit la production est nulle mais pas les besoins. Dans les sites isolĂ©s et non connectĂ©s au rĂ©seau, on stocke l’Ă©nergie dans des batteries pour palier cet inconvĂ©nient. Mais c’est un investissement supplĂ©mentaire et non nĂ©gligeable en terme de coĂ»t et d’entretien. Dans ce cas particulier, le surcoĂ»t est acceptable en comparaison du prix qu’il aurait fallu mettre dans l’installation d’une nouvelle ligne Ă©lectrique .

Le dĂ©veloppement actuel du solaire photovoltaĂŻque, n’est plus motivĂ© par les besoins des sites isolĂ©s sauf dans quelques pays comme l’Inde. La motivation actuelle est due Ă  l’épuisement prĂ©visible des Ă©nergies non renouvelables comme le pĂ©trole , le gaz, le charbon, ou l’énergie nuclĂ©aire Ă  base d’uranium ou de thorium. Depuis peu, mĂ©diatisation aidant, nous commençons Ă  en prendre conscience et le photovoltaĂŻque raccordĂ© au rĂ©seau apparait comme l’une des solutions.

Les statistiques Ă©nergĂ©tiques mondiales de 2006 donnent un peu plus de 12 % d’énergies renouvelables sur le total de toutes les Ă©nergies consommĂ©es . Si nous devions ĂŞtre privĂ©s des Ă©nergies non renouvelables, le monde n’aurait Ă  sa disposition que 12 % de l’énergie que nous dĂ©pensons actuellement. Ce serait un dĂ©sastre. L’économie s’effondrerait et nos modes de vies avec , au minimum . Que nous soyons d’accord ou pas, progressivement, les rĂ©serves limitĂ©es des Ă©nergies non renouvelables finiront par s’épuiser en totalitĂ© et il ne restera que les Ă©nergies renouvelables seules, c’est une question de temps .

Il convient donc de mettre en Ĺ“uvre plusieurs politiques : Ă©conomiser l’énergie, augmenter l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique, promouvoir et dĂ©velopper rapidement des Ă©nergies de remplacement, communĂ©ment appelĂ©es les « nouvelles Ă©nergies renouvelables Â» ( donc hors l’hydroĂ©lectricitĂ© et hors bois ), dont le solaire photovoltaĂŻque fait partie .

Certains pays se sont dĂ©jĂ  lancĂ© dans des programmes de dĂ©veloppement des Ă©nergies renouvelables. C’est le cas du Danemark . Les statistiques des puissances installĂ©es en Ă©oliennes au Danemark sont les suivantes : 2001 = 2,4 GW ; 2002 = 2,8 GW ; 2003 = 3,1 GW ; 2004 = 3,1 GW ; 2005 = 3,1 GW ; 2006 = 3,1 GW . ( de nombreux site donnent des statistiques sur l’énergie, l’Eurobserver, BP, Enerdata ou l’AIE par ex ) . On voit d’après ces chiffres, qu’à partir de 2003 le programme danois a Ă©tĂ© stoppĂ© . L’expĂ©rience danoise montre que l’injection directe (sans stockage de l’énergie) dans le rĂ©seau Ă©lectrique n’a pas pu se dĂ©velopper au delĂ  de 18 % environ de la consommation du pays. La production d’électricitĂ© Ă©olienne danoise Ă©tait en 2003 de 6,5 TWh sur un total de consommation de 37 TWh. Ce qui donnait 18% d’électricitĂ© en injection directe sur le rĂ©seau . On ne peut pas retenir strictement ce chiffre, puisque la production d’électricitĂ© Ă©olienne, Ă  puissance installĂ©e donnĂ©e, varie d’une annĂ©e sur l’autre en fonction des conditions mĂ©tĂ©o et la consommation du Danemark augmente sensiblement annĂ©e après annĂ©e. 18 % est donc un chiffre indicatif, mais nĂ©anmoins significatif.

A l’expérience, aller au delà de ce chiffre pose de gros problèmes de gestion du réseau . Pour aller plus loin le Danemark a manqué d’un système de stockage de l’électricité en masse, bon marché et non agressif pour l’environnement.

C’est donc bien la non rĂ©solution du stockage de l’électricitĂ© qui a stoppĂ© le programme danois en 2003 . Comme pour l’éolien, la production d’électricitĂ© par des panneaux solaires va buter sur ce problème du stockage Ă  terme. Et il va bien falloir trouver une solution puisque la disparition progressive des Ă©nergies non renouvelables nous mènera Ă  produire 100 % de notre Ă©nergie sous forme renouvelable, faute de quoi nous ne pourront pas disposer d’énergie Ă©lectrique en permanence ( c’est-Ă -dire 24 / 24 ) .

L’Allemagne a un programme de dĂ©veloppement actif de l’éolien et du solaire photovoltaĂŻque en mĂŞme temps. Ce pays est devenu le 1 mondial dans ces 2 filières . Alors que la production d’électricitĂ© renouvelable Ă©tait de 8,5 % de sa production Ă©lectrique en 2003 , la prĂ©vision pour 2007 est de 14 % . On voit bien que pour ce pays Ă©galement le problème du stockage de l’électricitĂ© va bientĂ´t devenir crucial.

Les pistes Ă©voquĂ©es en Allemagne pour stocker l’électricitĂ© sont les suivantes : La technique du « pompage Â» qui consiste Ă  pomper l’eau qui coule en aval des barrages hydroĂ©lectriques et la refouler en amont, donc Ă  remonter l’eau dans les barrages, par des pompes, pour que celle ci repasse ultĂ©rieurement une 2 fois dans les turbines . Les Allemands pensent dĂ©velopper cette technique avec des Ă©oliennes alors qu’en France elle se pratique avec les centrales nuclĂ©aires, de nuit lors des baisses de consommation. Cette technique dĂ©jĂ  utilisĂ©e avec l’Ă©lectricitĂ© nuclĂ©aire Ă  cause du manque de concordance entre la production et la consommation ( STEP de Grand-Maison de 1.800 MW, donc d’une puissance de 2 rĂ©acteurs nuclĂ©aires ) pourrait ĂŞtre Ă©galement utilisĂ©e avec l’Ă©lectricitĂ© Ă©olienne pour la mĂŞme raison. La production d’air comprimĂ© par des Ă©oliennes au lieu de produire de l’électricitĂ©. Dans la nacelle de l’éolienne au lieu d’installer un gĂ©nĂ©rateur Ă©lectrique, l’installation d’un compresseur d’air permet de produire puis de stocker de l’air comprimĂ© que l’on peut utiliser ultĂ©rieurement pour entraĂ®ner un gĂ©nĂ©rateur Ă©lectrique . Un projet est en cours de rĂ©alisation dans la mer du Nord . La production d’hydrogène avec l’électricitĂ© permettrait de stocker l’énergie sous forme d’hydrogène pour une utilisation en fonction des besoins. Toute l’Ă©nergie Ă©olienne qui pourra ĂŞtre stockĂ©e libĂ©rera les rĂ©seaux d’autant de fluctuations de puissance indĂ©sirables pour pouvoir continuer Ă  dĂ©velopper la production de solaire photovoltaĂŻque en injection directe. Ainsi on constate que certaines solutions au stockage de l’Ă©nergie Ă©lectrique sont communes au dĂ©veloppement de l’Ă©olien et du solaire photovoltaĂŻque.

Le stockage de l’énergie électrique dans des batteries de type VRB commence à être employé au Japon et en Australie . Cette technique canadienne permet de stocker de grandes quantités d’électricité, mais ne répond pas encore au critère de bas prix de revient. Elle est en étude pour être utilisée dans des installations solaire photovoltaïque pour les rendre autonomes .

Aucune de ces solutions Ă©voquĂ©es ici n’est pour l’instant vraiment satisfaisante en terme de coĂ»t et de prix de revient final du kWh. Par contre, sur le plan purement technique le dernier retour d’expĂ©rience sur une tentative visant le 100% de production d’Ă©lectricitĂ© d’origine renouvelable, initiĂ©e en 2006 Ă  la demande de Mme Merkel, dĂ©montre qu’il est possible d’y parvenir . Ce qui pourrait permettre Ă  terme de rendre l’Allemagne totalement indĂ©pendante en Ă©nergie . On peut consulter Ă  ce sujet soit directement le rapport en Allemand , soit en lire un compte rendu en français ici : . En dehors de cette expĂ©rience, dans le Hartz, la ville de Dardesheim est alimentĂ©e en Ă©lectricitĂ© 100 % renouvelable : , et la volontĂ© est maintenant d’Ă©tendre cette alimentation Ă  tout le territoire du Hartz .

En France, nous n’avons absolument pas ces problèmes ni ces questions, la production d’électricité photovoltaïque en site isolé est encore supérieure à la production des installations en injection directe sur le réseau . Même si en 2007 la situation est en cours d’évolution rapide .

Les batteries de stockage suivent une évolution technologique continue et les progrès sont importants .

Alors que les batteries au plomb classique ( mise au point en 1859 ) ont une capacitĂ© de 30 Wh par kg, d’autres types se sont dĂ©veloppĂ©s :



nickel - cadmium (Ni - Cd) 50 Wh par kg

1 filière lithium (Ni - MH) 75 Wh par kg

plomb 2 génération (2006) 75 Wh par kg

système zĂ©bra : sodium - chlorure de nickel 85 Wh par kg

1 filière lithium - ion de 1992 (Li - Ion) 90 Wh par kg

sodium - soufre ( Na S ) 107 Wh par Kg

Lithium Métal Polymère de 2004 ( LMP ) 110 Wh par kg

lithium polymère (Li - Po) 120 Wh par kg

lithium - ion 2 génération ( 2000 ) 150 Wh par kg

zinc - argent (2007) 200 Wh par kg

manganèse - lithium - ion ; Ă©galement dĂ©nommĂ©es lithium - manganèse ( 2007 ) 300 Wh par kg

lithium - soufre de 2007 ( Li - S ) 300 Wh par kg

lithium - vanadium + de 300 Wh /kg ( mais combien exactement ? ) prĂ©sentĂ©e par Subaru en 2007 :

nano poudres hydrogènĂ©es ( 2008 ) 500 Ă  600 Wh /Kg ( expĂ©rimental pour l’instant ) .

vanadium redox ou VRB ( 1998 ) : pas de limite thĂ©orique de la capacitĂ© de stockage, mais avec une limite technique dans la situation actuelle de 100 MWh


actuellement elles sont utilisĂ©es pour le stockage de grandes capacitĂ©s dans l’Ă©olien et sont Ă  l’Ă©tude pour le photovoltaĂŻque des logements de particuliers par une entreprise Allemande de solaire photovoltaĂŻque .



poudre de cĂ©ramique - aluminium - barium - titanate (EEstor aux États Unis) 300 Wh / kg : . Elles devraient ĂŞtre utilisĂ©es dans un premier temps pour les voitures Ă©lectriques, puis plus tard pour le stockage d’Ă©nergie appliquĂ© Ă  l’Ă©olien et au solaire . Si tout va bien elles seront commercialisĂ©es fin 2008 : .

condensateurs - lithium - ion (FHI) : en essai au Japon.


En 2010 , l’entreprise Japonaise Sharp mettra en service une usine qui produira des batteries lithium - ion destinĂ©es aux logements individuels disposant de panneaux solaires : . Ce projet est prĂ©vu permettre l’autonomie Ă©lectrique des dits logements. Reste Ă  connaĂ®tre le prix de commercialisation de ces batteries pour savoir si cette solution est Ă©conomiquement viable.

Puissances installées photovoltaïque


DiffĂ©rentes puissances cumulĂ©es installĂ©es fin 2006 :



monde 6.700 MW ( chiffre rectifié à la hausse en aout 2007 )

Europe 3.418 MW

Allemagne 3.063 MW

Japon 1.750 MW

États-Unis 610 MW

Espagne 118 MW

France 32 MW


La prévision mondiale pour 2007 est de 9.700 MW

principales entreprises du secteur


- producteurs de silicium



REC , Norvège. 1 mondial avec 6.500T en 2006 et 13.000T prévus en 2007. Fabrique également des cellules, des wafers et des panneaux. A developpé une filière de fabrication des wafers ultrafins. Conférence de presse du 26 octobre 2007. Recherche des methodes de production de silicium alternatives.

Wacker, Allemagne. 2 producteur mondial avec 5.600 T en 2006 et 10.000 T prévues en 2008 .

Hemlock, USA . 3 mondial avec 3.600 T en 2006 et 7.500 T prévues en 2008 .

mais aussi : Crystallox, Scanwafer, PV silicon, Hoku materials, Sichuan Xinguang, Luyang Zhonhui, Emei, Sharp, Technip, Orkla, Ferroatlantica, Metallurgija, Hycore, Le Silicium de Provence, … etc


- producteurs de cellules



Sharp, Japon . 1 producteur mondial avec 600 MW en 2006 et 710 prévus en 2007

Q cells, Allemagne . 2 producteur mondial avec 420 MW en 2006 et 540 MW prévus en 2007 .

mais aussi : Suntech power, Schott, Isofoton, ErSol, DelSolar, Photowatt, Photovoltec, Sunways, Topray Solar, Nanjing PV-tech, REC, KIS Co, Solland, Solartec Sro, … etc


- producteurs d’Ă©quipement de fabrication de cellules



Applied Materials, Centrotherm, Roth and Rau, OTB, Alcatel Vacuum Technology, Oerlikon, Pfeiffer Vakuum,


- producteurs de panneaux solaires photovoltaĂŻques



Sharp, Japon . 1 producteur mondial avec 600 MW en 2006 et 710 MW prévus en 2007 ( produit le silicium, les cellules et les panneaux ).

Suntech Power, Chine . 2 mondial avec 270 MW en 2006 et 330 MW prévus en 2007 . Fabrique aussi des cellules .

mais aussi : BP solar , Trina Solar , Yingli Solar , Sanyo , Deutshe solar , Kyocera , First Solar , Mitsubishi , Motech , SolarWorld , Shell Solar , Aleo Solar , Solarwatt , Scheuten Solar , Sunpower corp , Solar Fabrik , Tenesol , Evergreen Solar , Honda Soltec , Kaneka , Scancell , Shenzen Topray , Ningbo Solar , E-ton Dynamics , General Electric , Solterra , Shanghai Solar , Sunset , Solon … etc

© Copyright auteur(s) de Wikipédia - Source : article Panneau solaire sur Wikipédia - Cet article est sous licence GFDL